Tu sais quoi faire quand tu regardes le graphique le soir. Le lendemain, en pleine séance, tu fais autre chose : une entrée trop tôt, un stop déplacé, un trade de plus « pour finir dans le vert ». Ce n'est pas un problème de volonté : c'est qu'aucune règle n'était écrite au moment où il fallait décider.
À la fin de cet article, tu auras un exemple de plan de trading complet, rempli ligne par ligne, une méthode pour écrire le tien en partant de ton horaire, de ton capital et de ton caractère, et un moyen simple de mesurer, chiffres à l'appui, si tu le respectes vraiment.
Qu'est-ce qu'un plan de trading ?
Un plan de trading est un document écrit, court, qui fixe à l'avance tes marchés, tes horaires, tes conditions d'entrée et de sortie, ton risque par trade et tes limites de perte. Son rôle est de prendre les décisions à froid, pour que tu n'aies plus qu'à les appliquer pendant la séance.
La différence avec une simple « idée de stratégie », c'est la précision. Chaque ligne d'un vrai plan permet de répondre par oui ou par non à une seule question : ce trade était-il conforme à mon plan ? Si tu ne peux pas répondre, la règle est trop floue. La fiche du lexique sur le plan de trading en donne la définition courte ; ici, on le construit en entier.
Plan, stratégie, journal : quelle différence ?
Les trois mots sont souvent mélangés. Ils désignent pourtant trois outils différents, qui ne servent à rien l'un sans l'autre.
| Outil | Ce qu'il contient | Quand tu t'en sers |
|---|---|---|
| Stratégie (setup) | Les conditions précises d'une entrée et d'une sortie | Au moment de cliquer |
| Plan de trading | La stratégie + les marchés, horaires, risque, limites, exceptions et routines | Avant la séance, puis pendant pour vérifier |
| Journal de trading | Ce que tu as réellement fait, trade par trade, avec le résultat | Après chaque trade et à chaque revue |
Pourquoi écrire ses règles change vraiment quelque chose ?
Ce n'est pas qu'une recette de formateur. En psychologie, on appelle « intentions de mise en œuvre » les plans formulés sous la forme « si telle situation arrive, alors je fais telle action ». Une méta-analyse de Peter Gollwitzer et Paschal Sheeran, sur 94 tests indépendants, trouve un effet positif de taille moyenne à forte (d = 0,65) sur l'atteinte des objectifs (Gollwitzer et Sheeran, 2006, Advances in Experimental Social Psychology).
Une revue plus récente des mêmes chercheurs, sur 642 tests, confirme l'effet et précise quand il est le plus fort : quand le plan est écrit au format « si… alors… », quand la personne est motivée et quand le plan a été répété à l'avance (Sheeran, Listrom et Gollwitzer, European Review of Social Psychology, 2025). Ces études ne portent pas sur le trading. Mais elles décrivent exactement ce qu'on demande à un plan : décider avant, pour ne pas improviser pendant.
- Un plan de trading fixe à l'avance où, quand, comment et combien tu trades, et quand tu t'arrêtes.
- Chaque règle doit se vérifier par oui ou non sur un trade donné.
- La stratégie, le plan et le journal sont trois outils différents qui se complètent.
- Les règles écrites au format « si… alors… » sont celles qui tiennent le mieux.
Que doit contenir un plan de trading ?
Un plan utile tient sur une ou deux pages, sinon tu ne le reliras pas. Il contient neuf blocs, chacun répondant à une question que tu te poserais sinon en pleine séance.
| Bloc | La question à laquelle il répond | Exemple de règle vérifiable |
|---|---|---|
| 1. Pourquoi et combien de temps | Qu'est-ce que je cherche à mesurer ce mois-ci ? | « Tester mon setup sur 40 trades en simulé avant fin novembre » |
| 2. Marchés | Sur quoi j'ai le droit de trader ? | « Uniquement le micro S&P 500 (MES) » |
| 3. Horaires | Quand l'écran est-il ouvert pour trader ? | « De 15 h 30 à 17 h 30, heure de Paris, et jamais après » |
| 4. Setup d'entrée | Qu'est-ce qui doit être vrai pour que j'entre ? | « Trois conditions cochées, sinon pas de trade » |
| 5. Sorties | Où je sors, en gain comme en perte ? | « Stop posé dès l'entrée, objectif à 2 fois le risque » |
| 6. Risque par trade | Combien j'accepte de perdre si j'ai tort ? | « 50 $ au maximum, taille calculée avant l'entrée » |
| 7. Limites | Quand est-ce que j'arrête ? | « Arrêt après 2 pertes ou −100 $ dans la journée » |
| 8. Exceptions | Que faire dans les situations à part ? | « Pas de trade dans les 10 minutes autour d'une grande annonce » |
| 9. Routines et revue | Comment je me prépare et comment je juge ? | « Journal rempli après chaque trade, revue chaque dimanche » |
Une règle ou un slogan : le test du oui ou non
La plupart des plans échouent ici. « J'achète les replis dans la tendance » est un slogan : deux personnes peuvent le lire de deux façons, et toi-même tu le liras différemment selon ton humeur. Personne ne peut dire si un trade le respectait.
Une règle, c'est : « J'achète seulement si le prix est au-dessus de sa moyenne mobile 20 en 5 minutes, revient sur une zone notée avant la séance, et clôture une bougie verte sur cette zone. » Après le trade, tu peux cocher chaque condition, ou pas. C'est ce qui rend le plan mesurable, et donc améliorable.
Fais le test sur ton plan actuel : un inconnu, devant ton graphique, pourrait-il dire sans hésiter « respecté » ou « pas respecté » ? Sinon, réécris la phrase.
Les règles de risque, en chiffres
Le risque se décide en dollars ou en euros, pas en « petite position ». Prends le micro S&P 500, le contrat futures le plus petit sur cet indice : d'après la fiche officielle du CME, un point vaut 5 $ et le plus petit mouvement possible est de 0,25 point, soit 1,25 $ (CME Group, spécifications du Micro E-mini S&P 500).
Si ton stop est à 8 points, un contrat te fait risquer 8 × 5 $ = 40 $. Si ton plan fixe un risque maximal de 50 $ par trade, tu peux prendre 1 contrat. Si ton stop n'est qu'à 4 points, 2 contrats font 40 $ : c'est permis. Si le stop logique est à 12 points, même un seul contrat coûte 60 $ : la bonne réponse du plan est de ne pas prendre le trade, pas d'élargir ton risque.
Ce calcul se fait avant chaque entrée. Le calculateur de taille de position le fait pour toi sur les futures, le forex, les actions et la crypto. Garde la règle simple dans ton plan : « taille = risque maximal ÷ (distance du stop × valeur du point), arrondie vers le bas ».
Les limites de perte : journalière, hebdomadaire, mensuelle
Le risque par trade ne suffit pas : une série de pertes arrive même avec une stratégie qui a un avantage. Le simulateur de série de pertes montre la probabilité d'enchaîner 5, 8 ou 10 pertes selon ton taux de réussite : avec un taux autour de 40 %, ces séries ne sont pas rares sur quelques centaines de trades.
Ton plan doit donc dire ce qui se passe après. Une forme qui marche bien : une limite par jour (par exemple 2 fois ton risque par trade), une par semaine (par exemple 5 fois) et une par mois. Quand une limite est touchée, le plan ne dit pas « fais attention » : il dit « tu fermes la plateforme ».
Les règles d'exception, celles qu'on oublie
Les pires trades arrivent rarement dans une séance normale : plutôt un jour d'annonce, après trois pertes, une mauvaise nuit ou un gros gain. Ton plan prévoit ces cas sous la forme « si… alors… » :
- Si une grande annonce (emploi américain, inflation, banque centrale) tombe dans ma fenêtre, alors je ne trade pas dans les 10 minutes avant et après.
- Si je viens de prendre un stop, alors j'attends 15 minutes et je relis ma liste avant toute nouvelle entrée.
- Si j'ai mal dormi ou si je suis énervé, alors je trade la moitié de ma taille, ou je ne trade pas.
- Si j'ai atteint mon objectif de la journée, alors je m'arrête : pas de trade « bonus ».
La deuxième règle vise directement le revenge trading, ce réflexe de reprendre une position pour se refaire tout de suite. Écrite à l'avance, elle coupe le réflexe au moment où il se forme.
- Neuf blocs : objectif, marchés, horaires, entrée, sorties, risque, limites, exceptions, routines.
- Chaque phrase doit passer le test : un inconnu pourrait-il dire « respecté » ou « pas respecté » ?
- La taille se calcule à partir du risque maximal et de la distance du stop, jamais l'inverse.
- Les exceptions s'écrivent en « si… alors… », avant qu'elles arrivent.
À quoi ressemble un exemple de plan de trading complet ?
Voici un plan rempli de bout en bout. C'est un exemple construit pour l'article, pas un témoignage, et pas une stratégie à copier telle quelle : les chiffres servent à montrer la forme et les calculs. Ton plan à toi partira de ta situation.
La situation de Léa (exemple)
Léa est salariée. Elle est disponible de 15 h 30 à 17 h 30, heure de Paris, trois jours par semaine. Elle connaît les bases mais n'a jamais suivi les mêmes règles plus d'une semaine. Elle supporte mal de garder une position la nuit et déteste rater un mouvement, ce qui la pousse à entrer trop tôt.
Elle décide de passer un mois en simulé avant tout argent réel, avec un compte d'entraînement de 10 000 $ fictifs. Son objectif n'est pas un montant : c'est de savoir si son setup a un avantage et si elle est capable de le suivre.
Le plan de Léa, version 1
Objectif du mois : 40 trades conformes en simulé sur le setup « repli sur zone ». Je juge le mois sur mon taux de respect du plan, pas sur le résultat.
Marché : micro S&P 500 (MES) uniquement. Aucun autre actif, même s'il bouge plus.
Horaires : lundi, mardi et jeudi, de 15 h 30 à 17 h 30, heure de Paris. Aucune position ouverte après 17 h 30. Pendant les semaines de changement d'heure, où l'ouverture de New York se décale d'une heure pour Paris, je vérifie l'heure d'ouverture la veille.
Préparation (avant 15 h 15) : je note 2 ou 3 zones de prix sur le graphique 15 minutes et je vérifie le calendrier économique du jour.
Entrée, 3 conditions obligatoires : (1) le prix est du bon côté de sa moyenne mobile 20 en 5 minutes ; (2) il revient sur une zone notée avant la séance ; (3) une bougie de 5 minutes clôture dans mon sens sur cette zone. Les 3 conditions cochées, sinon pas de trade.
Sorties : stop posé dès l'entrée, de l'autre côté de la zone. Objectif à 2 fois le risque. Je ne déplace jamais le stop pour l'éloigner. Je ne sors pas avant l'objectif ou le stop, sauf à 17 h 30.
Risque : 50 $ maximum par trade (0,5 % du compte). Taille = 50 $ ÷ (distance du stop en points × 5 $), arrondie vers le bas. Stop de plus de 10 points = pas de trade.
Limites : 3 trades maximum par séance. Arrêt de la séance après 2 pertes ou −100 $. Arrêt de la semaine à −250 $.
Exceptions : pas de trade 10 minutes avant et après une grande annonce. Après un stop, 15 minutes de pause et relecture des 3 conditions. Fatiguée ou énervée : pas de séance.
Journal : chaque trade noté dans les 5 minutes, avec les 3 conditions cochées, le résultat en R et mon état avant l'entrée.
Revue : chaque dimanche, 20 minutes. Je ne change le plan qu'à la fin du mois, et une seule règle à la fois.
Pourquoi ce plan est construit pour Léa, et pas pour toi
Chaque ligne vient de sa situation. La fenêtre de deux heures, c'est son temps libre réel. La limite de 3 trades vient de son envie de ne rien rater : elle sait qu'elle aura tendance à multiplier les entrées, ce que l'article sur l'overtrading détaille. Le setup de repli sur zone l'oblige à attendre que le prix vienne à elle, au lieu de courir après.
Un trader disponible le matin, qui aime la vitesse, écrirait un plan très différent. C'est toute l'idée : un plan de trading n'est pas un modèle à télécharger, c'est ta méthode, écrite pour tes contraintes. Copier celui d'un autre, c'est hériter de règles conçues pour un autre emploi du temps et un autre caractère.
Comment faire ton plan de trading, étape par étape ?
Compte une heure pour la première version, au calme, hors séance. Voici l'ordre qui évite les plans irréalistes.
- Pars de tes contraintes, pas d'une stratégie. Note tes vraies heures libres, le capital que tu peux perdre sans que ta vie change, et ce que tu supportes mal (la nuit, l'attente, les pertes en série). Ces trois réponses éliminent déjà la moitié des styles.
- Choisis un seul marché et un seul setup. Un setup bien décrit vaut mieux que cinq à moitié. Tu en ajouteras quand le premier aura assez de trades pour être jugé.
- Écris les conditions d'entrée en cases à cocher. Deux à quatre conditions, chacune vérifiable sur le graphique. Si une condition dépend de ton ressenti, réécris-la.
- Fixe tes sorties avant l'entrée. Où est ton stop, où est ton objectif, et ce que tu fais s'il ne se passe rien à la fin de ta fenêtre.
- Chiffre ton risque. Un montant maximal par trade, puis la formule de taille. Écris le montant, pas seulement le pourcentage.
- Pose tes limites. Nombre de trades par séance, perte maximale par jour, par semaine. Choisis des chiffres que tu peux tenir un mauvais jour, pas un bon.
- Écris tes exceptions en « si… alors… ». Annonces, série de pertes, fatigue, gros gain. Relis-les à voix haute : la recherche montre que les plans répétés à l'avance tiennent mieux.
- Teste en simulé sur 30 à 50 trades. Sur un compte d'entraînement, sans argent réel, avec exactement les mêmes règles que tu appliquerais en réel.
- Fixe la date de ta première revue. Écris-la en haut du plan. Avant cette date, le plan ne change pas.
Trois profils, trois plans
Pour voir à quel point le point de départ change tout, voici trois profils types. Ce sont des repères pour réfléchir, pas des recommandations.
| Bloc du plan | Salarié, 2 h l'après-midi | Disponible le matin, aime la vitesse | Peu de temps, préfère réfléchir |
|---|---|---|---|
| Unité de temps | 5 et 15 minutes | 1 et 5 minutes | Graphique 4 heures et journalier |
| Trades par semaine | 3 à 9 | 10 à 25 | 1 à 3 |
| Risque principal | Forcer un trade avant la fin de la fenêtre | Enchaîner les entrées après une perte | Regarder la position toute la journée et sortir trop tôt |
| Règle d'exception clé | Fin de fenêtre = tout fermer | 2 pertes = fin de séance | Pas de modification de l'ordre pendant les heures de travail |
Le profil n'est pas figé : si tu respectes ton plan à 90 % sur un style et à 50 % sur un autre, ce chiffre en dit plus long que n'importe quel test de personnalité.
Tester avant d'écrire la version définitive
Si tu ignores encore si ton setup a un avantage, teste-le d'abord sur l'historique : l'article sur la façon de backtester une stratégie de trading explique comment le faire sans te mentir. Le plan encadre ensuite l'exécution.
Pour le test en conditions de séance, le compte d'entraînement de 100 000 $ de HubTrading est un compte simulé, gratuit : aucun gain ni perte réels. Il applique des règles de courtier (marge par contrat, refus d'ordre si la marge manque). Les prix des futures Nasdaq et S&P 500 y sont différés d'environ 15 minutes, les cryptos sont en temps réel. Il sert à vérifier que tu sais suivre ton plan, pas à prouver un gain.
Fais vérifier ton plan trade par trade
Dans le journal de trading gratuit de HubTrading, tu écris ta stratégie avec tes mots, ou tu importes ton plan en PDF ou en texte. L'IA en propose des règles vérifiables (marché, sens, horaires, stop renseigné, taille, perte maximale, nombre de trades si tu l'as écrit) et une liste à cocher pour ce que le journal ne peut pas mesurer seul. Tu valides les règles, puis chaque trade est classé conforme ou hors plan. Ta première stratégie est offerte, sans carte bancaire.
Ouvrir mon journal de trading gratuitComment savoir si tu respectes ton plan de trading ?
Avec un seul chiffre, avant même ton résultat : ton taux de conformité. C'est le nombre de trades conformes à toutes tes règles, divisé par le nombre total de trades. Un trade qui viole une seule règle (taille, horaire, condition non cochée) compte comme hors plan.
Le mois de Léa, en chiffres (exemple)
Reprenons Léa. Au bout du mois, elle a pris 40 trades sur son compte simulé. En triant son journal, elle obtient ceci (chiffres d'illustration, en R, c'est-à-dire en multiples de son risque par trade) :
| Type de trade | Nombre | Résultat moyen par trade | Total |
|---|---|---|---|
| Conformes au plan | 30 | +0,25 R | +7,5 R |
| Hors plan (entrée sans la 3e condition, trade après 17 h 30, 4e trade de la séance) | 10 | −0,5 R | −5 R |
| Total | 40 | +0,06 R | +2,5 R |
Son taux de conformité est de 30 sur 40, soit 75 %. Le résultat global, à peine positif, ne dit presque rien. Ce qui parle, c'est l'écart entre les deux lignes : ses trades conformes ont un résultat moyen positif, ses trades hors plan lui coûtent les deux tiers de ce que rapportent les autres.
Le plan n'est donc pas à jeter. Son prochain objectif : passer de 75 % à 90 % de conformité, en visant la règle qu'elle viole le plus, ici la 3e condition d'entrée.
Les quatre cas possibles à la fin d'un mois
En croisant conformité et résultat, tu tombes toujours dans une de ces quatre cases. Chacune appelle une action différente.
| Résultat positif | Résultat négatif | |
|---|---|---|
| Plan bien suivi (90 % et plus) | Continue sans rien changer et accumule des trades. | Tu as bien travaillé : c'est le plan qu'il faut revoir, une règle à la fois. |
| Plan mal suivi (moins de 75 %) | Danger : le résultat vient peut-être de la chance. Travaille la conformité. | Impossible de juger le plan. Travaille d'abord la conformité. |
La case la plus trompeuse : un mois gagnant avec un plan mal suivi, qui donne envie de continuer comme ça.
Combien de trades avant de juger ton plan ?
Moins de 20 trades, c'est surtout du bruit : une bonne ou une mauvaise série suffit à tout fausser. Vise au moins 30 à 50 trades conformes avant de tirer une conclusion sur le plan lui-même. L'article sur le win rate en trading montre à quel point un taux de réussite mesuré sur peu de trades peut s'éloigner du vrai.
Le journal HubTrading applique la même prudence : il ne chiffre ce que te coûtent tes écarts qu'à partir de 15 trades conformes et 15 trades hors plan sur la période. En dessous, il t'indique combien de trades il manque au lieu d'afficher un chiffre trompeur.
- Taux de conformité = trades conformes à toutes les règles ÷ trades totaux.
- Sépare toujours le résultat des trades conformes de celui des trades hors plan.
- Un plan bien suivi et perdant se corrige ; un plan mal suivi ne peut pas encore être jugé.
- Attends 30 à 50 trades conformes avant de conclure sur le plan.
Quand et comment modifier ton plan de trading ?
Un plan n'est pas figé, mais il ne se change pas n'importe quand. La règle la plus utile : jamais à chaud. Modifier une règle juste après une perte, c'est laisser l'émotion réécrire le plan qui devait la tenir à distance.
La revue mensuelle, en 4 questions
Une fois par mois, à la date écrite en haut du plan, ouvre ton journal et réponds par écrit :
- Quel est mon taux de conformité, et quelles règles ai-je violées le plus souvent ?
- Quel est le résultat moyen de mes trades conformes, en R, et sur combien de trades ?
- Y a-t-il une condition, un horaire ou un jour où mes trades conformes perdent nettement plus qu'ailleurs ?
- Quelle est la seule règle que je change ce mois-ci, et pourquoi ?
Note le changement en haut du plan avec un numéro de version et la date : « Version 2, 30 novembre : fenêtre réduite à 15 h 30 – 17 h 00 ». Ainsi, tu sais exactement quels trades ont été pris sous quelle règle, et tu peux comparer.
Ce qu'il faut changer, ce qu'il ne faut pas toucher
| Ce que tu observes | Ce qu'il est logique de revoir | Ce qu'il ne faut pas toucher |
|---|---|---|
| Tu violes souvent la même règle | La règle est peut-être irréaliste pour ton emploi du temps : rends-la tenable | Ton risque par trade |
| Les trades d'une heure précise perdent nettement | Réduire ta fenêtre horaire | Les conditions d'entrée, tant que l'échantillon est petit |
| Trois pertes de suite | Rien : c'est dans la variance normale | Tout le plan |
| Tes trades conformes sont négatifs sur 50 trades | Le setup lui-même, une condition à la fois | Tes limites de perte |
Quelles erreurs rendent un plan de trading inutile ?
Beaucoup de « plans » sont des textes qu'on ne relit jamais. Voici ce qui les rend inutiles.
Les six erreurs les plus fréquentes
- Le plan-roman. Dix pages de convictions sur le marché, aucune règle vérifiable. Si tu ne peux pas le relire en deux minutes avant la séance, il est trop long.
- Le plan copié. Les horaires, le marché ou le style d'un autre trader, qui n'a ni ton emploi du temps ni ton caractère. Tu le suis trois jours, puis tu décroches.
- Le plan sans limites. Des conditions d'entrée détaillées, mais rien sur quand s'arrêter. C'est justement les jours sans limite qui font les plus grosses pertes.
- Le plan jugé sur le résultat. Une semaine gagnante avec cinq trades hors plan est notée « bonne semaine ». C'est l'inverse : c'est une habitude dangereuse qui a eu de la chance.
- Le plan sans journal. Sans trace de ce que tu as fait, tu juges ta discipline de mémoire. Et la mémoire retient les trades réussis, pas les écarts.
Le point commun de ces erreurs : le plan n'est jamais confronté aux faits. Le guide complet du journal de trading détaille ce qu'il faut noter pour que cette confrontation soit possible, trade après trade.
Plan de trading en prop firm : qu'est-ce qui change ?
En challenge prop firm, tu ajoutes une couche de règles qui ne sont pas les tiennes : objectif de profit, drawdown maximal, parfois limite journalière, règle de consistance, nombre de jours minimum. Ton plan doit les intégrer noir sur blanc, et les rendre plus strictes, jamais l'inverse.
- Ta limite journalière doit être sous celle de la firme. Si la firme te coupe à une certaine perte, arrête-toi bien avant. Le jour où tu touches la limite de la firme, il est trop tard pour réfléchir.
- Le drawdown suiveur se calcule chaque jour. Quand le drawdown suit ton plus haut solde, ta marge de perte change au fil des gains. Note chaque matin la distance réelle entre ton solde et le seuil d'échec.
- La règle de consistance limite les gros jours. Si ton meilleur jour ne doit pas dépasser une part fixée de ton profit total, un gros gain te force à trader d'autres jours. Le calcul est expliqué dans l'article sur la règle de cohérence en prop firm.
- L'objectif de profit pousse à forcer. Garde ta limite de trades par séance, même à quelques dollars de l'objectif.
Le challenge prop firm gratuit de HubTrading permet de tester ton plan sous ces contraintes sur un compte simulé : cible de 6 % de la taille du compte, drawdown suiveur calculé en fin de journée, règle de consistance à 50 %, 3 jours de trading minimum, sur les futures Nasdaq et S&P 500. Le reset est gratuit et illimité. Traite chaque tentative comme une version de ton plan, et compare-les dans ton journal.
En argent réel, le trading comporte un risque de perte en capital, et les produits à effet de levier comme les futures peuvent faire perdre vite. Ton plan ne supprime pas ce risque : il le borne. L'article sur le passage du compte démo au réel explique comment faire cette transition sans changer de règles en route.
En résumé : que faire ce soir ?
Un plan de trading n'est utile que s'il est écrit pour toi, vérifiable ligne par ligne et confronté à ton journal. Le reste est de la décoration.
- Définition : tes règles écrites avant la séance, sur 1 ou 2 pages, en neuf blocs.
- Test : chaque règle se vérifie par oui ou non sur un trade donné.
- Méthode : pars de ton horaire, de ton capital et de ton caractère, puis un seul marché et un seul setup.
- Mesure : ton taux de conformité d'abord, le résultat des trades conformes ensuite.
- Évolution : une règle changée par mois, à froid, avec un numéro de version.
Ce soir, ouvre un document vide et écris seulement trois lignes : ta fenêtre horaire réelle, ton risque maximal en dollars par trade et le moment où tu arrêtes la séance. Demain, applique ces trois règles et note dans ton journal si chaque trade les a respectées. Tu complèteras les six autres blocs au fil de la semaine.
Questions fréquentes
Comment faire un plan de trading ?
Pars de tes contraintes : tes heures libres, le capital que tu peux perdre et ce que tu supportes mal. Choisis ensuite un seul marché et un seul setup, écris les conditions d'entrée en cases à cocher, fixe tes sorties, ton risque en dollars par trade et tes limites de perte. Ajoute les exceptions sous la forme « si… alors… », teste le tout sur 30 à 50 trades en simulé et fixe une date de revue.
Quel est un bon exemple de plan de trading ?
Un bon exemple tient sur une page : marché, fenêtre horaire, deux à quatre conditions d'entrée vérifiables, stop et objectif, risque maximal par trade, nombre maximal de trades, limites de perte, exceptions et date de revue. L'exemple de cet article montre chaque bloc rempli. Il sert de forme à suivre, pas de stratégie à copier.
Faut-il faire son plan de trading sur Excel ou en PDF ?
Le format compte moins que deux choses : pouvoir le relire en deux minutes avant la séance, et pouvoir vérifier chaque trade par rapport à lui. Un document texte ou un PDF suffit pour le plan lui-même. Pour la vérification, un journal est plus pratique : l'article sur le journal de trading Excel donne les colonnes et formules, et le journal HubTrading peut lire ton plan importé en PDF pour en tirer des règles.
Combien de temps faut-il tester un plan de trading ?
Assez longtemps pour avoir des chiffres qui veulent dire quelque chose : au moins 30 à 50 trades conformes, ce qui représente souvent un mois ou plus selon ton style. Avant, une série de gains ou de pertes peut tout fausser. Ne change pas le plan avant la date de revue, et une seule règle à la fois ensuite.
Un plan de trading garantit-il de gagner de l'argent ?
Non. Un plan ne crée pas d'avantage sur le marché : il permet de savoir si ta méthode en a un, en séparant ce que vaut la méthode de la façon dont tu l'appliques. Il limite aussi les pertes liées aux décisions improvisées. Le trading comporte toujours un risque de perte en capital, plan ou pas.
Bon trading.
— Bass
Pour aller plus loin
Le trading comporte un risque de perte en capital, qui peut dépasser ta mise sur les produits à effet de levier. Cet article est éducatif : ce n'est ni un conseil en investissement ni une promesse de gain. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.