Ton trade avance d'un R. Tu remontes ton stop à ton prix d'entrée, soulagé : tu ne peux plus perdre. Le prix revient pile sur ton entrée, te sort à zéro, puis part sans toi jusqu'à ton objectif. Le break-even n'est ni une protection ni une erreur par principe : il te coûte seulement si les trades qu'il arrête auraient souvent atteint ton objectif. À la fin de cet article, tu sauras le mesurer sur tes propres trades et choisir ta règle.
C'est quoi le break-even en trading ?
Mettre son stop au break-even, c'est déplacer son stop loss au prix d'entrée une fois que le trade est en gain. Le pire scénario devient alors une sortie à zéro, frais et glissement mis à part.
Le mot sert aussi à deux autres choses, qu'il ne faut pas confondre. Le « point mort » d'une stratégie, c'est le win rate en dessous duquel elle perd de l'argent. Et un « trade break-even », c'est un trade clôturé sans gain ni perte. Ici, on parle du geste : déplacer son stop à l'entrée. Le lexique HubTrading sur le break-even en donne la définition courte.
Le zéro n'est pas vraiment zéro
Un stop n'est pas un prix garanti. Comme le rappelle le régulateur américain FINRA, un ordre stop devient un ordre au marché une fois le prix de déclenchement atteint, et le prix obtenu peut être nettement différent du prix du stop quand le marché bouge vite. FINRA note aussi qu'un mouvement rapide et bref peut suffire à déclencher un stop.
Ajoute tes commissions : un trade « sorti à zéro » finit presque toujours légèrement en perte. Beaucoup de traders placent donc leur stop un ou deux ticks au-delà de l'entrée, pour couvrir les frais. C'est un détail sur un trade. Sur 300 trades, c'est une ligne de ton bilan.
Pourquoi ce geste est si tentant
Le prix d'entrée n'a aucune importance pour le marché. Il en a une énorme pour toi : c'est la frontière entre « je gagne » et « je perds ». Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie en 2002, a montré que nous jugeons nos résultats par rapport à un point de référence, et que les pertes pèsent plus lourd que des gains de même taille.
Notre lecture pour le trading : ton entrée devient ce point de référence. Revoir le trade passer sous l'entrée, c'est vivre une perte. Le break-even supprime cette possibilité. C'est pour ça qu'il soulage autant, même quand il ne rapporte rien.
L'autre visage du prix d'entrée
Le même point de référence joue aussi dans l'autre sens. Richard Thaler et Eric Johnson ont décrit en 1990 un « effet break-even » (Management Science) : après des pertes, les choix qui offrent une chance de revenir à zéro deviennent particulièrement attirants. Leurs données viennent d'expériences avec de l'argent réel, pas de traders.
Tu reconnais peut-être le trader qui garde une position perdante « jusqu'à ce qu'elle revienne au prix d'entrée ». C'est le même prix, qui n'a toujours aucune valeur pour le marché. Que tu sois en gain ou en perte, une sortie mérite une raison de marché ou une règle écrite, pas ton prix d'achat.
- Le break-even, c'est déplacer ton stop à ton prix d'entrée une fois en gain.
- Un stop devient un ordre au marché : la sortie « à zéro » coûte en réalité frais et glissement.
- Ton prix d'entrée est un repère pour toi, pas pour le marché.
- Le même repère pousse à garder des pertes en espérant « revenir à zéro ».
Mettre son stop au break-even, est-ce une bonne idée ?
Ça dépend d'une seule famille de trades : ceux qui reviennent toucher ton prix d'entrée après avoir atteint ton seuil de déclenchement. Les autres ne sont pas concernés. Pour le voir, range tes trades en trois groupes, avec un stop d'origine à −1R et un objectif à +2R.
Les trois familles de trades
| Famille | Ce que fait le prix | Avec break-even | Sans break-even |
|---|---|---|---|
| A | N'atteint jamais ton seuil de déclenchement | Même résultat | Même résultat |
| B | Atteint le seuil, puis l'objectif sans revenir à l'entrée | +2R | +2R |
| C | Atteint le seuil, puis revient toucher l'entrée | 0R (moins les frais) | +2R, −1R, ou le prix de fin de séance |
Le break-even ne touche donc que la famille C. Toute la question devient : quand tes trades reviennent à l'entrée, que se passe-t-il ensuite, le plus souvent ?
Le seuil qui tranche
Dans la famille C, appelons « taux de reprise » la part des trades qui, après être revenus à l'entrée, auraient atteint l'objectif avant le stop d'origine. Le break-even te coûte si ce taux dépasse :
seuil = 1 ÷ (objectif + 1), avec l'objectif en R.
Le calcul est le nôtre. Revenu à l'entrée, un trade de la famille C rapporte 0R avec le break-even. Sans lui, il rapporte en moyenne (taux de reprise × objectif) − (1 − taux de reprise). Les deux sont égaux quand le taux de reprise vaut 1 ÷ (objectif + 1). Ce seuil suppose que tous les trades se finissent à l'objectif ou au stop ; ceux qui ne touchent ni l'un ni l'autre se comptent à part, comme on le verra.
| Objectif | Seuil de reprise | Lecture |
|---|---|---|
| +1R | 50 % | Le break-even coûte si plus d'un trade sur 2 revenus à l'entrée aurait touché l'objectif |
| +1,5R | 40 % | Plus de 4 sur 10 |
| +2R | 33 % | Plus d'un sur 3 |
| +3R | 25 % | Plus d'un sur 4 |
| +4R | 20 % | Plus d'un sur 5 |
Remarque importante : ce seuil ne dépend pas du moment où tu déclenches ton break-even. Déclencher à +0,5R ou à +1R change le nombre de trades qui tombent dans la famille C, pas le seuil qu'ils doivent battre. Plus tu déclenches tôt, plus la famille C grossit, et plus l'enjeu est gros dans un sens ou dans l'autre.
Ce que ce seuil veut vraiment dire
Ce seuil est aussi la chance mathématique d'atteindre l'objectif avant le stop sur un marché sans aucun avantage, où le prix a autant de chances de monter que de descendre. Sur un tel marché, le break-even ne change rien au résultat moyen, avant frais. Il change seulement la forme de tes résultats : plus de trades à zéro, moins de pertes pleines, et autant de gains.
La conséquence est la même que pour la sortie anticipée d'un trade gagnant : gérer son stop ne crée pas d'avantage, ça le dépense ou ça le préserve. Si tes trades revenus à l'entrée repartent souvent dans ton sens, ton entrée était bonne et le break-even te prive de cet avantage. S'ils continuent souvent contre toi, le retour à l'entrée annonce un trade raté, et le break-even te fait gagner du temps et de l'argent.
- Seuls les trades qui reviennent à ton entrée sont touchés par le break-even.
- Le seuil vaut 1 ÷ (objectif + 1) : 33 % pour un objectif à +2R.
- Le moment du déclenchement change le nombre de trades concernés, pas le seuil.
- Sur un marché sans avantage, le break-even ne gagne ni ne perd rien en moyenne.
Combien te coûte ton break-even, en chiffres ?
Prenons un exemple, avec un trader fictif et des chiffres construits pour l'illustration. Karim trade avec un stop à −1R et un objectif à +2R. Sa règle : stop à l'entrée dès +1R. Il risque 100 $ fictifs par trade.
Les 100 trades de Karim
Sur 100 trades, 45 touchent son stop sans jamais atteindre +1R. Les 55 autres atteignent +1R et déclenchent le break-even. Parmi eux, 25 filent à l'objectif sans revenir à l'entrée. Les 30 derniers reviennent toucher l'entrée et sortent à zéro.
Un soir, Karim reprend ces 30 trades sur son graphique. Après la sortie à zéro, 12 auraient atteint l'objectif avant son stop d'origine. Les 18 autres seraient allés au stop. Voici le bilan, avant frais.
| Sur 100 trades | Avec le break-even | Avec le stop d'origine |
|---|---|---|
| Gagnants (+2R) | 25 | 37 |
| Sorties à zéro | 30 | 0 |
| Pertes pleines (−1R) | 45 | 63 |
| Espérance par trade | +0,05R | +0,11R |
| Résultat total | +5R | +11R |
Son taux de reprise vaut 12 sur 30, soit 40 %. C'est au-dessus du seuil de 33 % : son break-even lui coûte 6R, soit 600 $ fictifs sur 100 trades. Le calcul se vérifie à la main : 12 × 2R − 18 × 1R = +6R abandonnés sur la famille C.
Les frais changent la lecture
Supposons que ses frais et son glissement valent 0,05R par trade, dans les deux colonnes. Avec le break-even, Karim finit à 0R : 100 trades pour rien. Avec le stop d'origine, il finit à +6R. Un petit écart d'espérance avant frais peut décider si une stratégie vaut la peine d'être tradée.
Le même calcul peut dire l'inverse
Changeons un seul chiffre. Si seuls 6 des 30 trades revenus à l'entrée avaient atteint l'objectif, le stop d'origine aurait donné 6 × 2R − 24 × 1R = −12R sur la famille C. Le total serait tombé à −7R, contre +5R avec le break-even. Taux de reprise : 20 %, sous le seuil. Là, le break-even sauve 12R.
C'est tout l'intérêt de la mesure : le même geste peut avoir, selon le trader, deux effets opposés. Aucun conseil général ne peut trancher à ta place.
Ce que le break-even t'achète, même quand il coûte
Regarde la ligne des pertes pleines : 45 avec le break-even, 63 sans. Ce n'est pas rien. Moins de pertes pleines, ce sont souvent des séries de pertes plus courtes et un creux de compte moins profond. Pour un trader qui décroche après cinq pertes de suite, ce confort peut valoir quelques R.
La bonne question n'est donc pas « le break-even est-il bon ? ». C'est : combien me coûte-t-il, et suis-je prêt à payer ce prix pour ce confort ? Le simulateur de séries de pertes t'aide à voir ce qu'un win rate donné produit comme séries, et notre article sur le drawdown en trading explique comment le prévoir. Trouver ton trading, c'est aussi ça : choisir le prix que tu acceptes de payer pour tenir ta méthode.
Attention au win rate
Dans l'exemple, le win rate de Karim passe de 37 % à 25 % avec le break-even, et pourtant il perd moins souvent. Selon que tu comptes les sorties à zéro comme des gains, des pertes ou à part, ton win rate change du tout au tout. Compare toujours les deux règles sur l'espérance et le résultat total. Notre article sur le win rate à viser selon ton ratio détaille ce piège.
Comment mesurer ton break-even dans ton journal ?
Il te faut une seule information de plus que d'habitude : ce que chaque trade sorti à zéro aurait donné avec ton stop d'origine. Cela prend deux minutes par trade, le soir, tant que le graphique est encore frais.
- Avant d'entrer, note ton stop d'origine et ton objectif. C'est ton stop d'origine qui définit 1R. Garde-le dans ton journal même si tu le déplaces ensuite.
- Écris ta règle de break-even à l'avance. Par exemple : « stop à l'entrée plus 2 ticks dès +1R ». Une règle floue ne se mesure pas.
- Marque chaque trade sorti à l'entrée. Dans tes notes, écris « BE » et le prix exact de sortie, frais compris.
- Le soir, reprends le graphique à partir de ta sortie. Regarde ce qui arrive en premier : ton objectif ou ton stop d'origine.
- Fixe une limite avant de regarder. Si ton plan est d'être à plat en fin de séance, arrête la lecture là. Si ni l'objectif ni le stop ne sont touchés, prends le résultat au dernier prix de la séance.
- Calcule l'écart. Écart = R obtenu avec le break-even − R du plan. Un écart négatif veut dire que le break-even t'a coûté. Positif, il t'a protégé.
À quoi ressemble cette mesure
| Trade | Déclenchement | Après le retour à l'entrée | R obtenu | R du plan | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | +1R | Objectif touché | −0,05 | +2 | −2,05 |
| 2 | +1R | Stop d'origine touché | −0,05 | −1 | +0,95 |
| 3 | +1R | Stop d'origine touché | −0,05 | −1 | +0,95 |
| 4 | +1R | Fin de séance à +0,4R | −0,05 | +0,4 | −0,45 |
| 5 | +1R | Stop d'origine touché | −0,05 | −1 | +0,95 |
Ces lignes sont un exemple. L'écart total y vaut +0,35R, et 5 trades ne permettent de rien conclure. Quand certains trades finissent ni à l'objectif ni au stop, comme le trade 4, l'écart total compte plus que le seuil, qui suppose que tout finit à l'un ou à l'autre.
Le piège de l'échantillon
Le point délicat, c'est que seuls les trades revenus à l'entrée comptent. Si 30 % de tes trades sont dans ce cas, il te faut environ 330 trades pour en avoir 100. Avec un seuil de 33 %, voici la marge d'erreur approximative sur ton taux de reprise, à 95 % de confiance (notre calcul, approximation normale) :
| Trades revenus à l'entrée mesurés | Marge d'erreur | Ce que tu peux en dire |
|---|---|---|
| 30 | ± 17 points | Une tendance, seulement si l'écart au seuil est très net |
| 50 | ± 13 points | Une piste sérieuse |
| 100 | ± 9 points | Une base solide pour changer ta règle |
Les 40 % de Karim, mesurés sur 30 trades, restent donc dans la marge d'erreur autour de 33 %. Il a un indice, pas une preuve. S'il veut aller plus vite, il peut reprendre ses trades passés sur l'historique, avec la même règle écrite. Notre méthode pour backtester une stratégie évite les pièges habituels de ce genre de relecture.
Ce que le journal HubTrading fait, et ce qu'il ne fait pas
Le formulaire complet du journal de trading HubTrading garde, pour chaque trade, l'actif, le sens, la taille, le prix d'entrée, le stop loss, l'objectif et les frais, avec tes notes et ton émotion avant et après. Tes statistiques se calculent à chaque trade clôturé, et la répartition des résultats range à part les trades clôturés pile à zéro.
Deux limites à connaître. Il n'existe pas de case « break-even » : tu écris « BE » dans tes notes et tu tiens le décompte des écarts sur une simple feuille. Et le journal ne sait pas ce que le prix a fait après ta sortie : cette partie se lit sur ton graphique. Le vrai réflexe à prendre est ailleurs : saisir le stop d'origine, pas le stop déplacé, sinon ton 1R disparaît.
Mesure ce que ton break-even te coûte vraiment
Le journal de trading HubTrading est gratuit et sans carte bancaire. Saisis ton stop d'origine, ton objectif et ta sortie : le ratio prévu s'affiche, et ton win rate, ton R:R moyen et ton profit factor se calculent à chaque trade clôturé. Tu peux aussi importer ton historique en CSV et filtrer tes statistiques stratégie par stratégie.
Ouvrir mon journal gratuitÀ quel moment déplacer son stop à l'entrée ?
Choisis un déclencheur que tu peux écrire en une phrase, puis mesure-le. Voici les règles les plus courantes, avec ce qu'elles changent.
| Déclencheur | Ce qu'il apporte | Son prix | Il convient si |
|---|---|---|---|
| Fixe, à +0,5R | Très peu de pertes pleines | Une grosse famille C : beaucoup de sorties à zéro | Ta mesure montre un taux de reprise bas |
| Fixe, à +1R | Règle simple, facile à tenir et à mesurer | Coûte si tes trades retestent souvent l'entrée avant de partir | Tu veux une règle mécanique |
| Sur la structure | Le stop se cache derrière un creux ou un sommet du marché | Il faut juger la structure, donc la règle est moins nette | Tu lis bien les creux et les sommets de ton unité de temps |
| Après une sortie partielle | Le reste du trade ne peut plus te coûter | Il faut au moins 2 contrats, et ton meilleur cas baisse | La peur de tout rendre te fait sortir en entier |
| Avant un événement | Protège avant une annonce, une clôture ou un week-end | Dépend d'un calendrier, pas du prix | Ton plan interdit de rester exposé à ces moments |
Sur la structure plutôt qu'à un nombre de points
Une variante fréquente consiste à attendre qu'un nouveau creux se forme au-dessus de ton entrée (à l'achat), puis à placer le stop sous ce creux. Le stop s'appuie alors sur un fait de marché, pas sur ton prix d'achat. Il peut finir un peu au-dessus ou un peu en dessous de l'entrée : ce n'est pas grave. Mesure-le comme le reste.
Le break-even après une sortie partielle
Prends deux contrats, un stop à −1R et un objectif à +2R. Tu encaisses la moitié à +1R, puis tu mets le stop du reste à l'entrée. Si le prix atteint l'objectif, tu finis à (1 + 2) ÷ 2 = +1,5R. S'il revient à l'entrée, tu finis à (1 + 0) ÷ 2 = +0,5R. S'il touche ton stop avant +1R, tu perds 1R dans tous les cas.
Tu échanges un peu de gain maximum contre beaucoup de tranquillité. Ce n'est rentable que si tes chiffres le confirment. Notre article sur le ratio prévu et le ratio réel montre comment suivre ce que tes sorties font vraiment à ton risk reward.
Couvre tes frais
Quelle que soit ta règle, place ton stop au prix d'entrée plus le nombre de ticks qui couvre tes frais aller-retour réels. Sinon, ton « zéro » est une petite perte répétée des dizaines de fois par mois. Calcule ce nombre une fois, avec tes vrais frais, et écris-le dans ton plan.
Entraîne la règle avant de la juger
Sur le compte d'entraînement 100K de HubTrading, tu poses un stop et un objectif sur ta position, et tu peux faire glisser la ligne du stop sur le graphique pour l'amener à l'entrée. C'est un bon terrain pour appliquer ta règle sans exception pendant 50 trades. Le Replay te permet aussi de rejouer une journée passée de bitcoin ou d'ether bougie par bougie, hors classement ; notre guide pour utiliser le replay sans se mentir explique comment éviter de tricher.
Tout y est fictif, et les prix des futures Nasdaq et S&P 500 sont différés d'environ 15 minutes (les cryptos sont en temps réel). Le simulé entraîne le geste, mais il ne reproduit pas entièrement la pression de l'argent réel.
Le break-even protège-t-il ton drawdown en prop firm ?
Pas toujours, et parfois pas du tout. Tout dépend de la façon dont ta firme fait monter ton plancher de perte. Lis la règle de ta firme avant de croire que ton break-even te protège.
Quand le plancher suit la fin de journée
Chez Topstep, par exemple, la limite de perte maximale suit le solde de fin de journée : elle monte quand ce solde progresse, ne redescend jamais, et se bloque une fois arrivée au solde de départ. Elle est de 2 000 $ sur un compte de 50 000 $. Elle est aussi surveillée en temps réel : un solde qui la touche pendant la séance, gains et pertes latents compris, ferme le compte.
Avec ce type de règle, un trade qui monte à +1R puis revient à zéro ne fait pas monter ton plancher. Le break-even n'y protège que ce qu'il protège partout : le trade lui-même. Le challenge prop firm gratuit de HubTrading fonctionne de la même façon : plancher égal au plus haut solde de fin de journée moins le drawdown, jugé à 17 h New York. Un creux rattrapé avant la clôture ne coûte rien. C'est un compte simulé, sans aucun gain réel.
Quand le plancher suit tes gains latents
Certaines firmes font monter le plancher pendant la séance, au plus haut atteint par ton compte, gains latents compris. Le trailing drawdown est expliqué en détail dans notre lexique. Là, un trade qui monte à +1R fait monter ton plancher de 1R. S'il revient à l'entrée et que ton break-even te sort à zéro, ton solde n'a pas bougé, mais ton coussin a fondu de 1R.
Le break-even ne protège donc pas ton coussin sur ce type de compte. Seul un gain réellement encaissé, en partie ou en totalité, le fait. C'est un cas où la sortie partielle peut avoir un vrai sens, indépendamment de ton taux de reprise.
Exemple sur un compte de 50 000 $
Prenons un compte fictif de 50 000 $ avec un drawdown de 2 000 $, et un risque de 250 $ par trade. Ton trade monte à +250 $, puis revient à l'entrée, où ton break-even te sort.
- Plancher de fin de journée : ton solde reste à 50 000 $, ton plancher à 48 000 $. Coussin : 2 000 $.
- Plancher qui suit les gains latents : ton solde reste à 50 000 $, mais ton plancher est monté à 48 250 $. Coussin : 1 750 $.
Même trade, même résultat, et pourtant 250 $ de marge en moins dans le second cas. Si tu prépares un challenge, la règle de cohérence mérite aussi d'être lue avant de choisir ta gestion de sortie.
- En prop firm, l'effet du break-even dépend de la façon dont ton plancher monte.
- Plancher de fin de journée : un retour à l'entrée ne coûte rien à ton coussin.
- Plancher qui suit les gains latents : seul un gain encaissé protège ton coussin.
- Les règles changent d'une firme à l'autre : lis celles de la tienne.
Quelles erreurs faussent ton break-even ?
Une règle de break-even mal mesurée donne une fausse certitude, dans un sens comme dans l'autre. Voici les pièges les plus courants.
- Ne retenir que les trades qui sont repartis sans toi. Ta mémoire garde ceux que tu regrettes et oublie ceux que le break-even a sauvés. Compte toutes les sorties à l'entrée, sans exception.
- Déclencher « au feeling ». Un jour à +0,5R, un autre à +1,5R : impossible de savoir ce que vaut ta règle. Écris le déclencheur avant d'entrer.
- Remplacer le stop d'origine par le stop déplacé dans ton journal. Ton 1R disparaît, et avec lui toutes tes statistiques en R.
- Oublier les frais. Un break-even posé pile à l'entrée te fait perdre un peu à chaque fois. Sur des centaines de trades, ça se voit.
- Mélanger tes setups. Une cassure et un retour à la moyenne n'ont pas le même taux de reprise. Mesure chaque stratégie à part.
- Conclure sur une semaine. Quelques sorties à zéro suivies d'une belle hausse ne prouvent rien. Reviens au tableau des marges d'erreur.
C'est l'inverse : refuser de couper une perte en attendant que le prix « revienne à l'entrée ». C'est l'effet break-even décrit par Thaler et Johnson, appliqué au trading. Ton stop d'origine est là pour ça. Si tu te surprends à l'éloigner pour laisser au trade le temps de revenir, note-le dans ton journal : c'est la donnée la plus utile de ta semaine.
Ce qu'il faut retenir, et ce que tu fais ce soir
- Le break-even ne touche que les trades qui reviennent à ton entrée. Les autres finissent pareil avec ou sans lui.
- Le seuil tient en une ligne : 1 ÷ (objectif + 1). Au-dessus, ton break-even te coûte. En dessous, il te protège.
- Il ne crée aucun avantage. Il dépense ou préserve celui de ton entrée, et il change la forme de tes résultats.
- En prop firm, lis la règle du plancher. Le break-even ne protège pas un coussin qui suit tes gains latents.
- Ta bonne règle est celle que tes chiffres valident et que tu tiens. Ce n'est pas forcément celle de ton trader préféré.
Ce soir, ouvre ton journal et cherche tes 10 derniers trades sortis à l'entrée. Pour chacun, retrouve le stop d'origine et l'objectif, puis regarde sur le graphique ce qui serait arrivé en premier. Compte combien auraient atteint l'objectif. Si tu ne retrouves pas ton stop d'origine, tu tiens ta première règle : à partir de demain, il se note avant le clic, et il ne se remplace jamais.
Le trading comporte un risque élevé de perte en capital. Les études et exemples de cet article ne promettent aucun résultat, et une mesure faite sur le passé ne garantit rien pour la suite.
Questions fréquentes
C'est quoi le break-even en trading ?
Mettre son stop au break-even, c'est déplacer son stop loss au prix d'entrée une fois le trade en gain. Le pire résultat devient une sortie à zéro, moins les frais et l'éventuel glissement. Le terme désigne aussi un trade clôturé sans gain ni perte, ou le win rate minimum d'une stratégie pour ne pas perdre d'argent.
Quand mettre son stop au break-even ?
Quand une règle écrite te le dit : à un nombre de R fixé, derrière un creux ou un sommet du marché, après une sortie partielle ou avant une annonce. Mesure ensuite cette règle dans ton journal. Si plus d'un trade sur (objectif + 1) revenus à l'entrée aurait atteint l'objectif, en R, ta règle te coûte.
Pourquoi mon stop au break-even est-il toujours touché ?
Souvent parce que ton entrée se fait sur une zone que le prix revient tester, ou parce que ton déclenchement est trop proche de l'entrée pour le bruit normal du marché. Note chaque sortie à zéro et regarde ce que le prix a fait ensuite. Si beaucoup de ces trades repartent vers l'objectif, déclenche plus tard ou appuie ton stop sur la structure.
Break-even ou stop suiveur : quelle différence ?
Le break-even déplace le stop une seule fois, au prix d'entrée. Le stop suiveur le déplace plusieurs fois pour protéger une part croissante du gain. Les deux ont le même défaut s'ils sont trop serrés : ils te sortent sur un simple retour normal du prix. Teste-les sur les mêmes entrées avant de choisir.
Le break-even doit-il couvrir les frais ?
Oui. Un stop posé pile à l'entrée te fait perdre tes commissions, et parfois un peu de glissement, car un stop devient un ordre au marché une fois déclenché. Place ton stop au prix d'entrée plus le nombre de ticks qui couvre tes frais aller-retour réels.
Faut-il mettre son stop au break-even en prop firm ?
Ça dépend de la règle du drawdown. Si ton plancher suit ton solde de fin de journée, un trade revenu à l'entrée ne réduit pas ton coussin. S'il suit tes gains latents pendant la séance, le break-even ne protège pas ton coussin : seul un gain encaissé le fait. Lis le règlement de ta firme avant de choisir.
Bon trading.
— Bass
Pour aller plus loin
Le trading comporte un risque de perte en capital, qui peut dépasser ta mise sur les produits à effet de levier. Cet article est éducatif : ce n'est ni un conseil en investissement ni une promesse de gain. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.